D'UN MAROT vers UN MARAUD...

Publié le par LE PETIT GOUBLIN

Petite Epistre au Roy


En m'esbatant je faiz Rondeaux en rime,
Et en rimant bien souvent je m'enrime;
Brief, c'est pitié d'entre nous Rimailleurs,
Car vous trouvez assez de rime ailleurs,
Et quand mous plaist, mieulx que moy rimassez,
Des biens avez et de la rime assez.
Mais moy, à tout ma rime & ma rimaille,
Je ne soustiens (dont je suis marry) maille.
Or, ce me dist (ung jour) quelque Rimart:
Viença, Marot, trouves tu en rime art
Qui serve aux gens, toy qui as rimassé?
Ouy vrayement (respondz je) Henri Macé.
Car voys tu bien, la personne rimante,
Qui au Jardin de son sens la rime ente,
Si elle n'a des biens en rimoyant,
Elle prendra plaisir en rime oyant;
Et m'est advis que, si je ne rimoys,
Mon pauvre corps ne serait nourry moys,
Ne demy jour. Car la moindre rimette,
C'est le plaisir où fault que mon rys mette.
Si vous supply qu'à ce jeune Rimeur
Faciez avoir ung jour par sa rime heur,
Affin qu'on die, en prose ou en rimant:
Ce Rimailleur, qui s'alloit enrimant,
Tant rimasse, lima et rimonna,
Qu'il a congneu quel bien par rime on a.
Clément MAROT


Ça rime à rien
_____________

Ah la rime !

Allah rime
Avec Bouddha

La rimaye qui s'ouvre sous tes pas
Et l'arrimeur qui trime et ça rime à rien

Le rimailleur qui fait rimer poison
Avec poisson
La rime ailleurs qu'à la fin du vers
Le verre de trop qui rime à quoi
J'en reste coi (comme Valentine)
Elle avait de tous petits ..... tons
Que je reluquais à tâtons
La rimenton
Le menton qui hoche
Dans le plan vertical
Pour faire hocher de la tête
Ou opiner du chef
Le menton de Hoche
Un officier une tête
Il faut bien un chef
La discipline étant la force
Majeure des armées
Dit-on. J'en reste désarmé

Et là  les bras m'en tombent
J'irai gratter sur vos tombes
À Tombelaine tombe la laine
Je tombe de sommeil
Et m'endors au soleil
D'où l'érythème
Mais l'héritier t'aime
Et l'Érythrée traîne sa misère bohême
À perdre haleine

À quoi ça rime tout ça ?
Ce sont des mots sans but
Des mots des rues
Dégouasés par un Gavroche
De poche.
Je l'arrime à mon chariot d'étoiles
Et soudain nous quittons la toile.
Vraoummmh...boum c'est le big bang
Chouette on va retrouver le petit Prince
Et Ali Baba là-haut sur leur tonneau...

Promis, demain je rime à l'envers
Je verre à l'enrime
Ni rime ni raison
Ni arêtes ni poisson
Dichotomie de la versifaction
Didactique de la confrontation
Piment si doux de la passion
Pilule amère de la version
La plus noire de nos amours
La plus sinistre des alentours

Materne-moi belle Isabelle
Ma fleur andalouse trop belle.
Je me rends. Oui je succombe
Je retourne avec joie dans ma tombe.

Goublin


Publié dans Poésie

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valentine :0056: 08/03/2006 23:17

Voilà !!! C'est exactement cette épître-là de Marot que je recherchais l'autre jour... (Comment ! Maraud !).Je ne connais guère qu'Alphonse Allais qui ait fait aussi bien...

Le bateleur 04/03/2006 21:27

Ouitu ris valiseaisément avec Clémentà mis chemin entre boby (lapointe) et Jacques (Prévert)cette  friandise dont tu nous régalesrafle la mise

LE PETIT GOUBLIN 07/03/2006 11:40

Oui Luc j'ai toujours ma valise prête   au cas où le Grand Architecte m'appellerait de toute urgence au Paradis...Donc je ris valise à la main ; c'est plus sûr !Lapointe était pointu en humour (Lapointe d'humour)Et Jacques est venu mourirÀ quelques encablures de ma côte ouest.Il est vrai que j'aime bien ces deux-là !J'adore "Le roi & l'oiseau"Car pour faire le portrait d'un oiseau Jacques s'y entendaitComme un prince des mots... qu'il était.

Russalka 03/03/2006 00:19

C'est génial, je ne connaissais pas cette aimable plaisanterie de Marot, et ton écho lui tient la dragée haute, sais tu...
mais que tu m'enchantes, Merlin...
Voilà qui est très stimulant, ce type de contrainte a toujours réveillé mes neurones un peu bouchés par moments.
Voyons voyons...
Improvisaction.

Elle s'allait la jouvencelle
ailes salées sous la tonnelle
car l'océane et doulce brise
carlins et sable d'or irise
de cet épice incalculable`
deux sept ou mille grains minables

Dans son panier elle emportait
-Dansons, pas niais, hé l'emporté
c'est un mot doux rien que pour vous`
cette gavotte aux chant si fou-
quelques poissons de présalés
quelle poison elle s'est allée
elle s'étalait
sous la tonnelle
..

Zhibouxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx


LE PETIT GOUBLIN 07/03/2006 11:34

Elle s'allait la jouvencelle ailes salées sous la tonnelle car l'océane et doulce brise carlins et sable d'or irise de cet épice incalculable` deux sept ou mille grains minables Dans son panier elle emportait -Dansons, pas niais, hé l'emporté c'est un mot doux rien que pour vous` cette gavotte aux chant si fou- quelques poissons de présalés quelle poison elle s'est allée elle s'étalait sous la tonnellePas mal ton improvisaction- Action- Moteur !Ah voilà encore les mouettes... Silence on tourne !Ah oui pour le casting j'ai une ID pour la jouvencelle...D'accord ?